L'ail des ours

L'ail des ours

C’est dans un sous-bois, bien à l’abri de la chaleur et du soleil que j’ai trouvé le terrain idéal pour moi. Je vis ici, en harmonie au sein de ma colonie avec les autres espèces environnantes.

Ma famille, les  Alliacées, descend tout droit des Celtes et des Germains. A cette époque, j’étais encore considérée comme une plante magique aux pouvoirs protecteurs. Les femmes enceintes me cueillaient pour me déposer dans leurs poches pensant ainsi protéger leur bébé.

Très présent en Asie, je suis une gourmandise pour les ours qui, friands de ma saveur, se jettent sur moi pour me dévorer dès que je pointe le bout de mon nez. C’est à ce bel animal que je dois mon nom Allium ursinum.

A la fin de l’hiver, j’attends avec impatience février, mars pour sortir à la découverte du nouveau biotope printanier. Je me dresse sur ma tige et pousse jusqu’à surplomber le sol d’au moins 20 à 50 centimètres. D’avril à juin, l’éclosion d’innombrables fleurs blanches formant des étoiles lumineuses révèle ma beauté.

Aujourd’hui, c’est pour mes vertus médicinales que je suis recherché. Mais attention, ne vous méprenez pas en me confondant avec mes cousins – le muguet ou l’arum ou le colchique – qui eux sont toxiques. Il est toujours plus prudent de partir à la cueillette sauvage avec une personne chevronnée ou d’attendre que mes fleurs soient sorties afin de me reconnaître.

Pourtant, ma feuille est unique, élancée, entière, pointue à son sommet, elle est tendre et ne tient que sur une seule et longue tige. Si vous la froissez, vous reconnaîtrez à coup sûr l’odeur qui me caractérise. Bien que poussant en bouquet, cueillez-moi délicatement, feuille par feuille, en prenant soin de couper ma tige au ras du sol pour ne pas emporter les feuilles de mes cousins parsemées au milieu des miennes. Enfin, n’oubliez pas que je suis parfois souillé par des déjections animales qui pourraient vous contaminer.

Toute précaution étant prise, de la racine à la fleur, laissez-moi veiller à votre santé tout en ravissant vos papilles.

Sa composition, ses vertus, ses contre-indications

L’ail des ours  est riche en : huile essentielle sulfurée, vitamine C, sélénium, magnésium, fer, acides aminés soufrés, allicine (un antimicrobien puissant et antibiotique naturel).

Ses vertus sont nombreuses : vermifuge, dépuratif, diurétique, stimulant, bactériostatique et antiseptique, cholagogue (facilite l’évacuation de la bile vers l’intestin), bénéfique pour les troubles digestifs, prévient l’artériosclérose, purifie le sang et lutte contre l’hypertension.

Ses contre-indications sont à noter : la consommation d’ail des ours est contre-indiquée en cas d’irritation gastrique, intestinale ou urinaire. Il est fortement déconseillé pour les personnes présentant des maladies de peau. Il est également déconseillé aux personnes sujettes à une inflammation des voies respiratoires. Enfin, il est à proscrire pour les femmes enceintes et allaitantes et il doit être utilisé avec prudence chez les enfants.

Consommer l'ail des ours

Toutes les parties de l’ail des ours se consomment. Veillez néanmoins à ne pas déterrer le bulbe pour que la  plante puisse repousser l’année suivante.
Les feuilles et les fleurs peuvent se manger crues, dans une salade ou en assaisonnement. Elles peuvent se congeler ou se préparer sous forme de pesto avec de l’huile d’olive et du sel pour mieux se conserver.
La cuisson chasse les arômes et les propriétés de l’ail des ours, aussi ajoutez les feuilles en fin de cuisson dans vos plats (potage, omelette).

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